6/13/2010

Taylor Hawkins And The Coattail Riders live @ Point Éphémère, Paris.

Pic : All Rights Reserved. Cindy Rocher.

Taylor Hawkins And The Coattail Riders live @ Point Éphémère.



Kiddo des années 70, Taylor Hawkins puise son talent et son inspiration auprès d’artistes renommés tels que Roger Taylor des Queens ou Stewart Copeland de The Police.

Originellement connu en tant que batteur d’Alanis Morissette, il rejoint la formation des Foo Fighters en 1997. Groupe de post-grunge élémentaire, c’est aux côtés de l’ancien batteur de Nirvana, Dave Grohl, que Taylor explore un univers foncièrement rock dont l’adrénaline semble être le moteur principal. S’essayant à divers instruments comme le piano ou la guitare, la batterie reste l’élément de prédilection de Hawkins et en règle générale son cœur penche pour Gretsch et Zildjian. Artiste accompli, il ne s’arrête pas aux instruments et incontestablement le chant semble être un atout majeur de son jeu. Excellant dans ce domaine, sa reprise de Pink Floyd, Have A Cigar, est saisissante et les esprits les plus dubitatifs ne peuvent que s’incliner.

C’est courant 2006 qu’il décide d’exploiter ses propres avantages et de former son projet perso sous le nom de Taylor Hawkins And The Coattail Riders. Trio de choc, Hawkins sait s’entourer des meilleurs, intégrant ainsi à la basse l’incroyable Chris Chaney (Jane’s Addiction, Alanis Morissette, Slash…), et sa collaboration avec Gannin Arnold en tant que guitariste et parolier apporte considérablement au combo. Se situant entre le rock progressif et le grunge, le groupe ne tarde pas à se démarquer. Leur premier album éponyme, sorti en 2007, est un ingénieux mixe des influences passées de Hawkins. La présence de Dave Grohl se fait fortement ressentir tout au long de l’album et l’on peut ainsi retrouver le son métamorphosé, beaucoup plus punk, de Nevermind (album de Nirvana, NDLR).

Il est suivi d’un deuxième opus, Red Light Fever sorti en avril dernier. Cet album fait la part belle à tous les détracteurs de Hawkins et encore une fois, le soutien de ses plus proches collaborateurs pèse dans la balance. On retrouve sur l’album des morceaux écrits en partenariat avec les artistes fétiches de Taylor comme Dave Grohl et Roger Taylor, mais la surprise est de taille lorsque l’on s’aperçoit que le guitariste émérite des Queens, Brian May, s’ajoute au morceau Way Down.

Les membres de Taylor Hawkins And The Coattail Riders, accompagnés du trio français de power rock indé Corleone, se produisent cette année au Point Éphémère à Paris. Occasion trop belle pour ne pas être saisie, cet événement inespéré arrive à point nommé. L’assemblée d’érudits dispersés aux quatre coins de Jaurès ne s’y trompe pas et attend impatiemment le moment propice pour découvrir leur nouvel album en live. Lorsque Hawkins et ses acolytes investissent enfin la scène, les regards se focalisent et le silence fait désormais place aux acclamations timorées et hésitantes du public.

Le set est ouvert avec l’imparable Not Bad Luck et la dextérité de Taylor ainsi que ses frappes majestueusement précises enflamment presque instantanément l’audience. Le scepticisme laisse enfin place à l’admiration et le public semble désormais totalement réceptif. Revenant sur l’excellent Louise, le premier opus du groupe est volontairement mis en retrait. Les fans semblent se contenter des percutants You Drive Me Insane, Running In Place et Get Up I Wanna Get Down. Que l’on parle de promotion ou propension exagérée des groupes à jouer leurs derniers morceaux, le set reste majoritairement composé des chansons de Red Light Fever. Certains titres substantiels comme Hole In My Shoe ou Your Shoes se détachent cependant du lot par leur intensité rythmique.

Le moment clash de la soirée pointe enfin à l’horizon et c’est avec un favoritisme accru de l’auditoire pour les Foo Fighters que la reprise de Cold Day In The Sun est acclamée avec vivacité et enthousiasme. Cet hommage sincère rendu aux fans des Foo Fighters, qui représentaient ce soir là la majeure partie des spectateurs, est suivi du transitoire Never Enough et la première partie du set est clôturée avec le providentiel It’s Over.

Les membres du groupe quittent alors la scène, moment de répit temporaire mais désespérément utile à la santé des artistes. Les applaudissements et cris d’allégresse du public à ce moment là sont tels que jamais l’attente d’un Encore ne fut aussi brève. C’est avec engouement qu’ils réinvestissent la scène du Point Éphémère et consacrent ainsi le show sur les notes de I Don’t Think I Trust You Anymore et du désormais mythique Way Down. Le bonheur des fans et la joie sont presque palpables en cet instant de break, visiblement nécessaire tant le moment vécu fut intense.

Taylor Hawkins et son groupe seront présents cette année aux populaires Download Fest en Angleterre et Reload Festival en Allemagne. Ces moments de grâce sont si rares qu’il serait dommage de ne pas les partager et découvrir Hawkins en live équivaut véritablement à un voyage épique dans les années 90. Le grunge semblait avoir définitivement été annihiler après Nirvana, pourtant les vibrations éthérées du groupe démontrent sans conteste que l’esprit et l’âme du rock sont toujours inscrits dans les esprits de la génération X.


SET LIST :

NOT BAD LUCK
LOUISE
HOLE IN MY SHOE
YOU DRIVE ME INSANE
RUNNING IN PLACE
GET UP I WANNA GET DOWN
SUNSHINE
COLD DAY IN THE SUN ( FOO FIGHTERS’ COVER)
NEVER ENOUGH
YOUR SHOES
IT’S OVER
ENCORE :
I DON’T THINK I TRUST YOU ANYMORE
WAY DOWN

Par C. R.
Remerciements : Marine M., Phil A., N.




6/04/2010

Madina Lake and the unbelievable ways of Ataraxia.


In perpetual motion, the story of Madina Lake stays in the minds by its authenticity and uniqueness.

Imagination and empiricism seem to be the main engines of this half esoteric legend gathered around Nathan Leone (vocals), Matthew Leone (bass), Mateo Camargo (guitar) and Dan Torelli (drums / piano). The group exudes a heady and punchy pop-punk, an incredible synchronization of samples, beats and riffs rocked by the powerful and delectable voice of Nathan.

Invited by Linkin Park to be a part of the Projekt Revolution Tour in 2007 alongside My Chemical Romance, Saosin and Placebo, among others, they also surveyed the scenes of the legendary Warped Tour. Travelling the world's roads in recent years, they are constantly evolving whatsoever musically or personally. Aristote said that "Doubt is the beginning of wisdom." and this precept seems to have been fully assimilated by the group. By dint of incessant questionning, Madina Lake has managed to impose his style and to reach a fascinating maturity. Their main motivation is to give pleasure and to share what they are made for: playing and sharing music.

Resulting from the accidental inspiration of Matthew, the story established in the mid 50s in the town of Madina Lake, whose protagonist, Adalia, mysteriously disappears. Besides the pursuit of this fictionalized story, their second album is focused on delivering a message based on philosophy and spirituality. The themes are pretty much original and they mostly revolve around the experiences of life, the learning of what can be learned and how important it is to live the present moment.

After a brilliant debut album, From Them, Through Us, To You, they came back in 2009 with their second album, Attics To Eden, recorded in collaboration with the notorious producer David Bendeth (Paramore, Underoath, Killswitch Engage ...). Reiterating the genre, this album is substantially more successful and universal. Trying to manage the constraints of timing, they pushed their limits in order to expand their creativity and deliver an album they can really be proud of.

Back to France after a memorable UK Tour, the members of Madina Lake settle at The Glazart for a single date. We meet on this occasion Nathan and Dan, respectively singer and drummer. It is with sympathy, humor and wisdom that they’ve shared the events they have experienced these past few years, the recording of their last album and how they envisage the future...

I’ve recently heard that you were not on roadrunner records anymore?
Nathan & Dan:
Yes did you hear that? (haha)
Nathan: Yeah we are moving to another label and it’s probably the best thing that ever happens to us because Roadrunner, as amazing as they are nationally, the US office has been just a nightmare. So our management announced it to us while we were touring in the United States six months ago, they’re starting trying to get out of the deal and finally around Christmas time we got out. So we’ve already gotten a couple of offices, like major labels, and we don’t know if that’s the road we want to go yet but it’s probably looking like that.

Who’s managing the band actually?
Nathan:
the band… it’s a company called FiveB, they have slipknot, Black-eyed and a bunch of …
Dan: And there’s a bunch that we don’t know (haha)
Your second studio album, Attics To Eden proves that maturity comes with experience. It’s definitely different from your debut album « From Them, Through Us, To You ». do you agree with this?
Dan & Nathan: yes
Nathan: It was very deliberate. "From Them" was our first record. This is the first pile of songs that we’ve written and we were very proud of it but I think that takes band a couple of records, at least, to find their identity I think with "Attics" there was no primary or just whatever. We decided we could go dance, industrial, metal, pop or anything, you know. I think letting, taking those walls down really helped us to find ourselves musically.

There are a lot of components on this album and much more than on the other one …
Nathan: Yeah exactly!
Dan: The other one sounds like a lot of things ... We felt like there’s a lot of bands, in that general music, that records a sound that’s simple. We wanna make a unique one like it doesn’t sound like anybody else but us.

So this album is pretty much « you »?
Dan:
I think so. It’s the elements of Madina Lake.
Nathan: It’s us growing up, It’s like we‘re going on puberty… (haha)

What was the greatest moment you had when composing and recording this album with the famous Producer David Bendeth?
Dan: What was the best part? Probably partying was when it was over. (ha-ha) It was a really hard record to make. He’s really talented but really really difficult to work with like he’s really strict and any little…He doesn’t let anything go at all, which is cool and it’s good really but it was a completely different thing to make our first one. Our first one was real laid back and all cool but he’s also a really good guy so it was cool when things were finished.
Nathan: It would be like war all day, fighting!! And then around 9 pm, we just get a bottle of vodka and discuss and he let us all party so it was good! (haha)
Dan: He’s the kind of guy that would like yell out through the mic and the things storm out of the room and be pissed and then yes, three hours later he’s buying you a drink and he‘s a totally different person (haha)

He was nicer when he was drunk?
Nathan: Yeah and we were too... (haha)

After all you are happy of the way it came out?
Nathan : yeah and that’s what it is I think after a month and a half being in studio and just going to the hell that it was and the resolve was really great . So yeah we’re happy!

Do you think that David Bendeth helped you to musically grow up?
Dan: yeah I think so. I mean he brought certain things to our attention that I don’t think we’ve ever thought about before. You know I mean a couple just like little things that he would do about our songs. I don’t know what specifically but he was bringing points that we’re going to the bridge of ourselves like really making sure that every single part of every song meant something that counted. You know I mean it was like questions seemed silly like “why are you doing that on this part” and I was like “I don’t know” and he was like “wow! If you don’t know don’t do it!” Everybody was conscious of what we were playing at every part. I think he made the songs better.
Nathan: I think a lot of bands focus on the chorus and then they work on the verses, intros and outros, bridges and all those like kind of fall by the way besides but with him not one of those is good. Everything’s a throw away like the intros have to be sped on and the bridges have to make anything better and you know. That’s one of the things we got a little, maybe lazy with because we didn’t have that much time to write so he was threatening with many songs (haha)
Dan : Yeah and that was weird ‘cause it’s the better record, I think, but we go the first one in like a year because it was before we started touring and everything like that and then went home and the second one we wrote took two or three months so it was a big challenge.

The lyrics are pretty much metaphorical, on this album and the approach is much spiritual and universal. Do you agree with this?
Nathan:
Yes I do! I like that! (haha) I like you!
We have all been and we all have our readers just you know everything from philosophy to mafia books and anything will be that crazy (haha). But I think we all have this kind of thinking after being on the roads for several years and learning some of things we learned, going through the things we went through. It has developed a different philosophical take on life that was treating, I think, on this record because there’s a lot of a thing that you experienced that change you know. You know I went through a lot of those kinds of things, a lot of difficult moments. So I think I came out lyrically.

Do you have difficult moments with the band?
Nathan: For the most part we’re like a family, you know. We’re the best of friends but in any situation when you’re working together and living together constantly on a bus tour or in the studios or whatever it’s trying! It’s like having three wives constantly! It’s like you’ve been married to three people (haha) So yes it can be stressful but at the end of the day, well, we’re good enough of friends to deal what matters and let the other stuff go. (haha)

It means the friendship you’ve built is really strong!
Dan: Yeah!
Nathan: Yeah exactly and that’s we have realised, it’s just nice. (haha)

What was the main message you’ve wanted to express through this album?
Nathan:
I think, I mean it’s hard to pin down one. But if I had to I would say that life is how you perceive things. You can be miserable and grouchy or annoyed by everything but it’s just a frame of mind, it’s just a matter of perspective of how you feel and look at things. And if you look at them in the moment that you’re in, you can appreciate them ten times more so I think that the main message will be to live in the moment and take even all your worst experiences in life and appreciate them for what they’ve brought to you, for what you’ve learned and whatever. There’s also music being subjective and life being subjective. It’s like it’s ok to be yourself and have your own opinions and like what you like and don’t like what you don’t like. And if your friend disagrees that’s okay (haha). I suppose to.

My favourite track on this album is Friends & Lovers…
Dan:
Well it’s cool! It’s one of mine too!
Nathan: wow cool!

You too?
Nathan: Yeah I like it, Thank you! It’s great!

What could you tell us about the creation process of the guitar-less track Friends & Lovers?
Nathan:
You know we really like to kind of push the envelope with that like Jeezie’s our drummer, obviously, but he’s second instrument is piano. So he can come in and write keyboard or piano parts and we can build a song, like we did a song just He & I, just with keyboard and vocals and Mateo can come in with a song which is all programming, no guitars.
Dan: And everybody in our band too, is really like focused on the importance of the final thing. Like it’s not like we’re not willing to sacrifice. On the first record there was a song with no drums too, like « It’s okay if I don’t play drums on a song ». Mateo doesn’t care if he doesn’t play guitar on a song. If that makes the song better, well we’re willing do that cause’ it’s not like everybody’s getting upset because of the ego or something.
Nathan: I think, that song came about in a couple of Attics’ too, as we had a really short amount of time to write this record compared to the first one. So we really had to be creative in a short amount of time and David Bendeth’s actually on the phone saying that we didn’t have enough songs, memory of like five songs, and he was like « getting to be in a month and a half and it can’t take a lot !». So he said you know « try writing differently than you always do ». Like we always have those things were like : Mateo come in with the guitar riff and some programs and then a new jam for a little while and it always kinda started guitar based. He was like « start with base, start with drums, start with piano, start with something else ». So it sounds like that for a lot of the songs, yeah I think the idea was great. We set up the drum kit and Mateo’s recorded a playing for like an hour, just straight. And then we listened back and we were like « oh that part’s cool » and just cut that out, and saved these little bits and then tried write it in songs with our nose. So a couple started that way. With friends & lovers we knew we had the melody before we had anything else. This is just a project from different members. It’s just a kind of spark creativity that way.

The melody sounds like a music box one…
Nathan: what’s that?

When I was younger I used to put my jewels inside a special box that delivers music when you opened it. I’ve found that Friends & Lovers’ melody really sounds like that…
Nathan & Dan: You’re kidding us! Awesome! (haha)
Nathan: How cute it is! I like that! Those music boxes are like awesome. They’re like creepy! They scare me a little bit!

I’ve seen on your last set list that you were not playing Friends & Lovers live. Will you do this exception tonight?
Nathan & Dan: Ohhh Friends & Lovers. Ohhh (haha)
Nathan: Well maybe I have... Maybe we have to. I mean she asked so nicely, it’s charming. Okay I’ll try to convince the gentlemen. We have to practice (haha)
Dan: We have to! (haha) We’ve to try. We haven’t technically played it since we’ve recorded it. (haha)
Nathan: I’ll see what I can do. (haha)
Ok « Merci beaucoup » (haha)

About Statistics, is it a song written specifically about a girl, or is the theme more general?
Nathan:
I think that it could go both ways. In my case, it was written about a girl and i couldn’t get out of her, all ways, beasts on psychological blocks she is. As perfects as everything could be in a relationship sometimes you can be the disease you know what I mean. And we all have them and we can be comparable on 99.9% ways but the 0.01% is the one that gets you.

Everything’s telling you that you have to go in another direction but you can’t get of this person even if it’s suffering…
Nathan: yeah exactly! I mean it’s difficult but you have to learn to accept it and move on. I think it’s kind of the important part to remember. I’m trying. I’m trying Jeezie, I’m trying… (haha)
Dan: Good guy (haha)

Accept the fail? Interesting!
Nathan: I failed.

Me too …
Nathan: I’m sorry to hear that.

« Not for this world » deals with the fact that we should take advantage of the time we have, the abilities we’ve got in our own hands, or to do something we believe in. This title also as « Stand for something » which is repeated like a motto. What do you think about it ?
Nathan : I think it’s easy to be blind and follow. You know, there’s just this philosophical statistics or something the 86/14. There is 86 % of people that wants to be lead and 14 % of people that wants to lead and i don’t know where i hear that…

Where is it from ?
Dan : I mean supposedly it kinda applies to every aspect of life. Like it could be people wanting to lead and people wanting to follow. It's in a book that crops the World in 14 % and 86 %. It’s always that ratio. It seems to be like applied in all different plays of life.

It’s really strict !
Nathan : I think that the 14% should be a 100%. Yeah ! (haha) So i take behind that song that’s definitely a kind of issue, ‘cause that’s applied to me.

What do you guys stand for in your everyday life ?
Nathan : Let’s take religion for example. I won’t open up it this kinda warms. But if you have certain religious background which we don’t really but say th rough a dark Christianity. Fine ! If that’s what you’re into, but to push that on other people it’s just to me makes so little sense i can’t believe in. I thinks that’s most define all the problems in the world stand from that thinking, that mentality that « you have to believe what i believe », « you have to do this » and it’s like « no i wanted to do shit ! you do whatever you want I’m not gonna judge you. I don’t care but don’t judge me ‘cause I’m not gonna care about then » .

Madina lake’s story was supposed to be delivered into three albums and a book. It’s your second album, are you already working on the third one ?
Nathan : This story writing is already done. Musically we’re starting on working on that now. We have the ending and we have like that pretty much a couple of time and it’s just a matter of winding, getting married so.

When will you record it ?
Dan : Maybe this summer, I think right ?…
Nathan : It’ll take a lot of this summer to write and record it and probably we’ll be back for it.

And What bout the book ? I mean I’ve never read single sentence of it !
Nathan : Really ? It’s on-line !!!
Dan : I guess in our websites there’s two parts like it’s on the boards and things…

I’ve heard that there are clues in your songs …
Nathan : We‘ve set up from the beginning that when the third album will be done we’ll release a book, a little tangible book. But so far the first two, From Them, Through Us, To You and Attics To Eden are released on-line.

What about you 4th album ? Will you trade your band name ?
Nathan : I don’t think so. We’ll never change the band name I don’t think but we will just move on to a different thing.

So the story will not be extend ?
Nathan : It‘ll be done at that point. We’ll pursue a different creative angle or just you know, maybe just release songs as a plus to the albums ’cause I think records are becoming a thing of the past. Now everything’s a shame, but if you put out a record, to all the fourteen songs you absolutely adore, and kids put on listen to the first two or three tracks anyway and then shuffle it on their iPod. And it’s like « What’s the point ?! ».
Dan : It’s a bum like that . It’s true !

The last video clip I’ve seen is Welcome To Oblivion. Is it your latest single ?
Dan : Statistics ? No i think it’s the latest one in the UK

Is there any video for Statistics ?
Dan : They just released it to the radio in England.
Nathan : But now we’re switching labels so I guess we’re not gonna release a video.
Dan : ‘Cause no business is gonna push it (haha)
Nathan : ‘cause why ! (haha)

Why have you chosen to represent the Oblivion by a city on a sunny day ?
Nathan : Oblivion ? i think that kind of the point if you’ve watched closely the storyline behind the guy…
Dan : As nobody can see him !
Nathan : As sunny as it is he dosent take his cloud to. You know I mean it’s kinda representation. He couldn’t connect to anything or what’s whoever and at the end he crash into the girl and connects and find someone else like him and they both see each other.

That’s so romantic !
Nathan : yeahhhhh you‘re right !(haha)

Your Clips always have this great energy, do you have a special clip director you like to work with, or do you often change ?
Nathan : We’ve never repeated. We’ve changed each time and even today i don’t think we’ve found exactly a favorite guy yet but we’re still looking.

Are you personally working on the videos ?
Nathan : Not at this point but once we get ready for the next album we will be so we’re gonna start from there.

In general, what are your influences ? I mean musically.
Dan : I think musically we’ve had the same influences as we all grew up together in the same kind of music like everything early 90’s, Smashing Pumpkins, NIN…

Yeah NIN !!!
Dan : When you’re growing up it makes a really big impression on you. So we all had that in common. Like a philosophical, emotional things…I mean we’re inspired musically by anything from like art or nature or anything like that. So I think we’ve just felt passionately about so many things going on in the world that was like a big driving force and the message behind our little record too. There wasn’t as we heard a new band and try to make a record that sounded like it. You know what I mean ? It was just like all of the frustration we’ve accumulated after a couple years of touring… We find that was motivation enough to put something out that we felt that meant something.

Do you find inspiration into recent bands ?
Nathan : There are always new bands and new records that we’re all obsessed over. Like I’m touring four weeks at a time. But about Influences ? Musically as concerned we don’t really reference as any other bands. We’re more influenced by life experience and philosophy and we’re reading books that are from different philosophers.

Do you like any band at the moment ?
Dan : There’s a band called Mutemath. Do you guys have heard of them ?

Yeah, their first single was Spotlight I guess …
Dan : Thank god nobody knows who them ! Yes ! (haha). Both records are amazing and when the new one came out I was like hoping that I would like it as mush as I love the first one and i like it even more ! Those guys i listen to all the time !!!

What was the greatest show you’ve ever been to ?
Nathan : Primus in Chicago was one of mine. They played at The Aragon Ballroom about six years ago and it was one of the best things I’ve ever seen.
Dan : I saw NIN and David Bowie.They were supporting David Bowie and that was crazy. Trent Reznor came out and David Bowie said « we’ll do a song together » like both of them singing and seeing them both live was the craziest thing I’ve ever seen in my life.

By the way Are you happy to play here tonite?
Dan : Oh Yeah !
Nathan : Oh my God. I mean, It’s a « dream come true ». I was talking to my dad yesterday and he was like « Dude realise ! You’re about to play in Paris ! ». That’s amazing. We’re the luckiest people I know and we’re very grateful for that.


Madina Lake live @ Glazart, Paris. [english version]



Originally from Chicago, Madina Lake has done us the honour to play in France after a notable absence of nearly two years. Just back from the UK, after many days full of emotions, the group continues its impressive European tour through Paris. Unique French date, their arrival was providential and that is probably due to the expertise and ingenuity of Only Talent Production that we have this privilege. In the middle of switching, they have recently left the prestigious label RoadRunner and are currently in negotiations with several majors.

Freed from all constraints, an atmosphere of renewal plane around the group and it is under these new auspices that they invest the scene of The Glazart. This time, they share the scene with two amazing support bands: Kipling, a French band pretty much inspired by Thrice, and Young Guns, an English rock band whose rise was meteoric. Needing no shiny or aesthetics to deliver a unique show of quality, members of Madina Lake always bring with them a bright light totally 70s inspired in a sort of form of “Madina lake”. Cleverly, they deflect visual aids that are often limited in concert halls without any needs of extravagant use of fireworks.

The show is beginning with an exclusive live intro Scorched Earth; so the group members sweetly take place on stage. Wearing almost immaculate white clothes, Matthew, Mateo and Dan settled behind their respective instruments. Thus the first notes of Never Take Us Alive ring to the bottom of the room. Deriving from their latest album Attics to Eden, this popular piece is undoubtedly the best entrance to represent their new album. The delayed arrival on stage of Nathan only accentuates the euphoria of an impatient and excited crowd. Fully dressed in black and leaping in all directions, the singer finally joined the group and sings his first lyrics. Together they prepare to inject their excellent musical vibrations to a room invested in mass by their French fans.

Continuing with the flagship titles of From Them To Us, To You, such as Adalia, One Last Kiss or the eminent House Of Cards, much more directed in a post-hardcore and alternative rock style, Madina Lake leads the public to hide behind an almost palpable frenzy. Then the wealthy Let's Get Outta Here seems to be claimed as the anthem of their latest album. However, it is with Statistics, new radio single in England, that the movement is launched. This dynamic and intense piece, with its very groovy bass lines act like a mantra, and its fuels inflame this special evening in Paris.

Stars just came in the middle of the set as a deep breath of fresh air and melancholic lyrics associated with Nathan’s God's clear voice accentuate the music in a so idyllic way. Lacking a capsize of Pandora which is rather poor and irritating, the group began to falter. Unfortunately, time is running out faster than we thought and the set list is reworked at the last minute, leaving behind them a feeling of incompleteness. Despite conditions not conducive to personal growth, the group's frontman, Nathan, feels enough confident and close to his Parisian audience to feel free to talk about his difficult moments, as the permanent cessation of taking antidepressants, and allows insist on the importance of living the present moment. The public, probably not enough fluent, pays little attention to these confidences firmly touching and sincere, without fully grasp the meaning.

So bluntly, the group raise the machine with Welcome To Oblivion, Not For This World and Legends. The intimate room of the Glazart is thus gradually transformed into a privileged and coveted place of celebration. Punctuating their set, ideal diverse mix of their two albums, with the famous Here I Stand and the instrumental track Lila The Divine Game, the group completes its delivery.

The recent group autonomy has undoubtedly been a key factor in achieving a real stage performance. Despite some uncertainties, and staying true to themselves, they left behind them a special stamp and a satisfying feeling of well-being now surrounds the site. Having completed their tour in Europe, the group is now directed to a third album, last episode of their little story, and they will certainly release a book about this phenomenon. Present this summer on many European festivals, this term appears as the clear continuity of an unusual background. Madina Lake demonstrates in so many ways, that wisdom, sincerity and talent are the most feasible routes to prosperity.

5/30/2010

Midnight Juggernauts INTW - Les douze coups de Minuit.

pic : All Rights Reserved. Phil Abdou

Musique cosmique, délice suprême d’électro pop et d‘expérimentale, Midnight Juggernauts remet au goût du jour les synthés vintage des années 80 et leurs samples
new wave.

Originaire de Melbourne en Australie, la formation voit le jour en 2004 sous les traits de Vincent Vendetta et Andrew Zsekeres. Ce n’est que fin 2006 que Daniel Stricker se joint au groupe, mais leur travail reste désespérément flou et vague. Les paroles des chansons changent au fur et à mesure des concerts et la venue au monde d’un premier né semblait fortement compromise. Après avoir sorti quelques EP dont Midnight Juggernauts (2005) et Secrets Of The Universe (2006), ils décident de créer leur propre label indépendant Siberia Records et produisent un premier album Dystopia (2007). Leur ascension se fait fulgurante et cet album projette le groupe sur des hauteurs inespérées. Entrée en force dans la galaxie des Midnight Juggernauts, l’attraction devient irrépressible et leur single Shadows devient un véritable tube international, passant sur les ondes de multiples radios.


Favoris de la Maison Kitsuné et épaulés par le label EMI, ils partagent désormais les scènes des festivals du monde entier auprès d’artistes éminents tels que The Klaxons, Rage Against The Machine ou encore Björk. Au-delà même du concept de produire de la musique, l’univers du groupe semble s’être enfin mis en place et l’on discerne à présent tous les ressorts de leur créativité. Les frenchy du groupe Justice ne s’y trompent pas et repèrent intuitivement le talent et la polyvalence qui habitent les membres du groupe. Dès lors, ils les invitent à les rejoindre sur leur tournée mondiale. Le drapeau est enfin abaissé et la route semble toute tracée et sans embuches. L’année 2010 signe leur retour en force avec un album renversant et chimérique The Crystal Axis (dans les bacs depuis le 28 mai 2010). Véritable incursion homérique, ce nouvel opus se distingue fortement de son prédécesseur. Loin de l’électro rock symphonique à la Electric Light Orchestra, The Crystal Axis rappelle sans conteste l’électro pop acidulée de leurs confrères australien du groupe Empire Of The Sun.


Presque deux ans après leur dernière visite parisienne, le groupe privilégie l’intimité de la scène de la Maroquinerie pour une présentation exclusive de leur dernier né. Ils se font accompagnés en première partie cette fois-ci par Wagner, artiste autodidacte dont la musique new wave électrique rétro made in France ne laisse pas indifférent. Toutes les conditions étaient réunies pour savourer un show électrique et grisant. Les Midnight entre ainsi en scène sur l’exaltant Road To Recovery, et le public à la joie de redécouvrir les titres les plus accrocheurs du combo tels que l’enivrant Into The Galaxy, Shadows, This New Technology ou encore le très récent et palpitant Vital Signs. Concluant sur une nouvelle composition, l’incroyable générosité et simplicité du groupe est déconcertante et semble presque irréelle.


En pleine tournée promotionnelle, nous profitons de leur séjour à Paris pour recueillir leurs impressions sur leur nouvel album The Crystal Axis. Vincent, Daniel et Andy se prêtent ainsi aisément au jeu du questions/réponses. Entre dose d’adrénaline et invitation onirique le voyage promet d’être sulfureux !




Votre dernier album Dystopia est paru il y a plus de trois ans maintenant et The Crystal Axis vient de sortir, qu’attendez-vous de ce nouvel opus ?

Vincent : Je pense que ca va être relativement intéressant à observer. Pas mal de temps s’est écoulé depuis notre dernier disque et grâce à cela on a eu l’occasion de faire pas mal de tournées. Je pense que ces éléments « live » ont eu une grande influence sur la façon dont on a produit cet album et cela devient évident lorsque l’on sait qu’une grande partie des morceaux sont issus de nos concerts. Le nouvel album va en déconcerté plus d’un, peut-être même diviser nos fans les plus anciens, mais on espère de tout cœur qu’ils y adhéreront.

Et le résultat vous satisfait pleinement, ca n’a pas été trop dur de vous réadapter au studio ?

Daniel : Non, à vrai dire les choses se sont mises en place d’elles-mêmes, de façon assez naturelle. On s’est isolé dans une maison près de la plage pendant quelques semaines histoire de se débarrasser des parasites, et dans tout ce pêle-mêle, certaines chansons sont naturellement apparues, puis l’on s’est séparé quelques temps et ont a essayé de réunir les morceaux qui collaient bien ensemble. Mais je pense sincèrement que si l’on parle en terme d’être heureux ou satisfait, tout le processus de compo s’est fait très naturellement presque en mode automatique. Ce n’est pas comme-ci on avait voulu tricher en le rendant potentiellement bien. On s’est juste concentré sur ce que l’on aime faire, et quand si tu te fixes sur ce que tu aimes faire alors tu ne peux qu’être heureux, peu importe les chemins que tu as emprunté…
Comment est-ce que vous fonctionnez au niveau de la prod ? Il me semble que vous faites tout vous-mêmes non ?

Vincent : On préfère produire notre musique nous-mêmes, on est un peu « touche à tout ». En revanche on bosse avec un ingénieur, Chris Moore, et c’était vraiment très intéressant de travailler avec lui. Il est vraiment très calé sur tous les différents aspects de l’enregistrement en studio. Ça a été une expérience très enrichissante et on peut dire que ses idées ont vraiment apportées un plus à l’album.
Daniel : Il est clair qu’au départ on avait sérieusement envisagé de bosser avec des producteurs pour The Crystal Axis mais on a fini par réaliser qu’on avait déjà fait la moitié du travail nous-mêmes… Donc on est parti sur cette base là parce qu’on voulait que cet album ait du sens à nos yeux. On avait aussi pas mal de nouveaux trucs à tester et on préférait les faire seuls. Au final, on a bossé avec Chris Moore et un autre ingé son, et ce disque a du être enregistré, en partie, à plusieurs reprises l’année dernière. On a finalisé le tout fin 2009 dans des studios différents, tout ce périple dans le but d’avoir un contrôle totale sur les choses et pour éviter que l’on nous dicte ce que l’on doit faire et si c’est bien ou mal….

En quoi cet album est différent de Dystopia ? Notamment, en ce qui concerne l’évolution de votre façon de composer…

Andrew : Toutes les compos venaient de nos concerts, elles sont issues de nos tournées et elles avaient donc cette sonorité particulière que tu retrouves en live. Si je dois trouver un élément de comparaison je pense qu’à la différence de Dystopia où tout avait été fait très posément, The Crystal Axis quant à lui à été fait dans l’urgence et l’immédiateté de la scène. On a tous les trois des goûts musicaux très variés, mais quelque part on a pas mal de similitudes dans ce qu’on aime. The Crystal Axis est une sorte de mélange de tous ces différents styles. Il sonne très 70’s sur le fond, mais lorsque tu l’écoutes attentivement tu te rends compte qu’on s’est inspiré de pas mal d’autres époques. Donc s’il y a un changement de taille à repérer par rapport à Dystopia, je pense que ce serait celui là…

Vous avez sortis pas mal de remixes tout au long de votre carrière, et quelques uns d’entre eux ont une un impact direct sur votre popularité comme celui des CSS, de The Presets ou encore Johnny Cash. Comment en êtes-vous venu à choisir de tels morceaux ?
Vincent : Il faut qu’il y ait quelque chose d’intéressant et de différent. Ce n’est pas dans notre genre de faire la surenchère avec un autre remix dans une veine pop. Encore moins de faire un remix « évident », ça serait vraiment douteux et ça nous intéresserait encore moins d’être juste là pour balancer des remixes à haute dose. Le travail à la chaine merci mais peu pour nous… (rires)
Andrew : je pense qu’on a peut-être une technique particulière lorsque l’on bosse sur un mix. On choisit souvent un morceau parce qu’on l’a entendu peu de temps auparavant et on s’est dit presque instantanément qu’on va pouvoir y apporter notre touche perso et le rendre différent. On essaie toujours d’étudier avec précision comment le morceau est fait pour l’emmener dans la direction opposée. C’est vraiment plus fun pour nous que de faire un simple remix ou un tube dancefloor. Et les remixes que tu as cité, de The Presets ou CSS, font partie de cette catégorie de chansons qui nous accrochent, d’autres sont faits pour des potes et sinon on reçoit pas mal d’offres de toutes parts et de tous genres.
Vital Signs est un titre vraiment entêtant et mélodique, et une fois que tu l’écoutes tu as du mal à t’en décrocher. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur ce nouveau single ?
Andrew : la première chose à dire c’est qu’il est très différent des autres morceaux qui sont sur l’album. La musique est délibérément plus calme voire sombre et elle vire un peu psychédélique sur les bords. (rires) A l’inverse, les voix ont une tonalité positive et c’est cette ambivalence qui le rend intéressant. D’un côté ça ressemble à une popsong et de l’autre, et surtout dans sa version album, il est vraiment étrange et il n’est pas évident. Ce n’est pas un morceau facile si l’on peut dire ainsi…
Vincent : La première fois qu’on l’a écrit, on avait déjà ces six à sept longues minutes de jam, cette longue intro et ces ponts sans fin. C’était juste un morceau à part, bizarre et étrange et au final on a conclu avec une fin à la Radiohead ! (rires)
Daniel : Nous on a jamais voulu ça ! C’est Vincent qui nous a forcé ! (rires)
Vincent : Ouais bon d’accord ! (rires) Mais cette partie là était déjà terminée et je ne réécoute jamais ce que je fais donc je n'ai même pas eu le temps de prendre du recul et de me dire : « Wow, en fait c’est une chanson pop maintenant ! » (rires)
Andrew : Quand on a commencé à travailler sur ce morceau, on a décidé d’introduire ces nouveaux passages pendant nos concerts. On l’a vraiment testé à fond. On voulait voir ce qui allait fonctionner ou non. En fonction des résultats obtenus en live, on modifiait ou non la base du morceau. Au final, si tu l’écoutes avec des écouteurs tu as un peu l’impression d’entre des samples en provenance directe des tribus d’Indonésie ! (rires)
Le Clip de Vital Signs a été dirigé par Krozm, pourquoi l’avez-vous choisi ?

Vincent : Ce sont des amis de longue date et ce clip a une véritable histoire derrière lui. On était en train de tourner le clip avec un autre mec aux Etats-Unis et pour je ne sais quelle raison tout le projet est tombé à l’eau. Il fallait impérativement que l’on trouve une solution de toute urgence. On avait déjà bossé avec Krozm sur un clip précédent et il semblait évident que c’était la seule personne capable de tourner ce nouveau clip dans les délais. On est vraiment très content du résultat surtout au niveau artistique. Le rendu collait très bien avec ces sculptures en spirales et d’ailleurs ce n’est pas une retouche Photoshop mais de vraies constructions. C’était très représentatif de notre aspect physique et mental lors de la composition de l’album.
Est-ce que vous vous êtres inspirés d’artistes comme Daft Punk sur des morceaux comme This New Technology ou encore Into The Galaxy ? Certains samples me font beaucoup penser à leur album Discovery …

Vincent : Je ne dirais pas qu’il y a d’influences directes de Discovery bien qu’on adore Daft Punk ! (rires) On a un respect immense pour ce qu’ils ont accompli ! On aime aussi bien leur musique que toute la recherche artistique qui existe derrière tout ça. Mais je ne pense pas qu’on soit directement inspiré par ce qu’ils font, ça doit être du au hasard… (rires) On a tous eu des goûts très divers question musique et quelques fois ils s’entremêlent les uns aux autres. Mais comme je te l’ai dit on a tous grandi avec des groupes dans la mouvance de Daft Punk.
Dans ce cas quelles ont été vos influences les plus marquantes ?

Andrew : Pas mal de musique des années soixante, fin des années soixante, et pour The Crystal Axis, on pourrait dire qu’il y a pas mal d’influences 70’s et aussi pas mal de musique électro un peu underground d’Angleterre, un peu de French Touch aussi. Mais on ne s’arrête jamais à une influence, on essaie d’être le plus ouvert possible.

Daniel : Pendant qu’on enregistrait l’album je regardais beaucoup de documentaires sur les westerns, j’écoutais pas mal les albums de Brainticket et d’autres trucs des 70’s et je pense que ça vraiment été ma base d’influences. Voila tout ! (rires)
Vincent : C’est vraiment étrange que Daniel soit à fond dans ce genre de musique, ca prouve notre divergence musicale puisque je trouve ça relativement chiant ! (rires) Non je déconne ! (rires)

Vous êtes invités au festival Benicassim cet été, c’est d’ailleurs l’un des plus connus, comment vous avez vécu cette annonce ?

Daniel : On est tellement excité ! On a entendu pas mal de choses à propos de ce festival. En 2008 on est venu en Europe pour la tournée des festivals et on n’a pas pu avoir la chance de faire Benicassim. C’était vraiment l’une de nos priorité cette année et on voulait vraiment y être ! Ça a l’air d’être énorme et ca va vraiment être excitant de jouer devant autant de personnes !
Allez soyons un peu chauvin et égoïste mais que pensez-vous du fait de jouer à Paris ?

Andrew : Ça fait plus d’un an et demi qu’on a pas mis les pieds ici. On aimerait même vivre à Paris pour quelques temps. En 2008, on avait même un appart ici. C’est vraiment très spécial pour nous d’être ici, c’est un peu comme notre résidence secondaire… (rires)

Cette annonce va ravir tout vos fans parisiens ! (rires)

Vincent : Je l’espère bien ! (rires)
Andrew : On ne peut pas dire que la salle de la Maroquinerie soit petite mais en comparaison aux salles où on joue d’habitude elle est relativement plus intimiste. C’était vraiment fait exprès car on voulait créer cette atmosphère particulière que tu as quand tu joues dans de petites salles. On pensait que ça serait mieux pour les fans, mais je sens que ca va être sympa !
Vincent : Le concert est complet depuis pas mal de temps déjà et donc je reçois des messages en masse pour des guestlists parce qu’on ne peut pas avoir de pré-ventes supplémentaire. Donc on a fait notre possible pour que tout le monde puisse entrer ce soir. On a pas mal d’amis ici et on a vraiment envi de tous les voir.
Vous avez un dernier mot à ajouter ? (rires)

Daniel : Humm …. Bonjour (rires aux éclats)
Vincent : … Ceci est un message spécial : Si jamais vous passez à Sydney un soir… (rires)
Andrew : Vas-y mec assume et dis le en français ! (rires)
Daniel : Quoi de neuf , pas de bleuf, c'est la teuf ! (en français, ndlr) Je ne sais même pas ce que cela veut dire exactement ! La honte ! Je crois que ça veut dire « Comment ça va ? C’est la fête ou je ne sais pas quoi ! » (rires) Ne mets pas ça dans l’interview je t’en supplie ! (rires)

Par C. R.
Remerciements : Phil A., Alicia D., N.L.

Official Websites :

http://www.twitter.com/juggernauts
http://www.myspace.com/midnightjuggernauts
http://www.midnightjuggernauts.com




5/27/2010

Nada Surf INTW - La force Tranquille.


Groupe à tendances cyclothymiques, Nada Surf survit avec force et vigueur entre vagues de popularité et périodes de creux grâce à un perfectionnisme outrancier et un investissement personnel des plus total.

Formé au début des années 90 par Matthew Caws (chant/guitare) et Daniel Lorca (basse/chant), ce n’est qu’en 1995 que l’ancien batteur de Fuzztones, Ira Elliot (batterie/chant), rejoint la formation. Projeté sous les feux de la rampe grâce à leur single Popular, issu de leur second album High/Low en 1996, leur simplicité n’a d’égal que leur talent. Le temps file entre nos doigts et pourtant quinze années plus tard, ce trio bohème et insolite possède à son actif pas moins de cinq albums et un disque de reprises, If I Had A Hi-Fi, qui sera dans les bacs d’ici juin 2010.

A l’occasion de la tournée promotionnelle de leur dernier opus If I Had A Hi-Fi, nous avons eu l’immense chance de découvrir certaines de leurs reprises en live. Délivrant un show d’une pureté et d’une humilité rarement égalées, ils partageaient en avril dernier la scène du Trabendo aux côtés de l’incroyable Martin Wenk du groupe Calexico. La combinaison semblait idyllique, l’atmosphère des plus intimistes, et toutes les conditions étaient réunies pour partager un délicieux moment de frugalité. Transcendant le magistral Love And Anger de Kate Bush, l’émotion et les larmes en devenaient presque palpables. Exploit magistral, le groupe réussi à s’imposer sur l’illustre Enjoy The Silence (titre original de Depeche Mode, ndlr), devenu dès lors méconnaissable et d’une incroyable fraicheur. Reprendre une chanson du domaine de la légende est une chose, mais se l’approprier au point d’en oublier les talentueux et mythiques Dave Gahan, Andrew Fletcher et Martin L. Gore relevait quasiment du paranormal.

Il semblerait que leur créativité soit actuellement à son apogée et cet étrange virage artistique n’est qu’une nouvelle forme d’expression artistique au travers des textes d’autrui. Sans hésitations aucune, le groupe gagne en profondeur grâce à une authenticité et un talent singulier. Certaines reprises sont à couper le souffle et sont déconcertantes en tout point. Opus d’un éclectisme peu commun, chaque titre devient significatif et semble avoir été choisi avec soin, intelligence et respect du travail des artistes originaux. Élevé au rang de pygmalion, Nada Surf révèle par le biais de ces reprises une ribambelle de groupes méconnus, tous unis par une même vitalité novatrice. C’est avec stupéfaction que des compositions étonnantes sont judicieusement mises en avant comme celle de Bill Fox, The Electrocution, ou encore l’entêtant Love Goes On, reprise du groupe The Go-Between.

Rencontre en toute simplicité avec Ira Elliot et Daniel Lorca, nous retraçons avec eux leur parcours, leurs vies et leurs façons très personnelles de tout prendre avec légèreté et honnêteté…


A propos de votre dernier album If I Had A Hi-Fi, était-il plus aisé de travailler sur des morceaux déjà composés par d’autres artistes ?

Dan : Oui ! Je veux dire par là qu’à la base on voulait faire quelque chose de simple, rapide et efficace et qu’une fois qu’on en aurait fini on aurait pu avoir un petit peu de temps devant nous histoire de respirer pour pouvoir nous attaquer par la suite à notre sixième album. En fait ca ne s’est pas vraiment passé comme ça ! (rires)
Ira :
Ça n’a pas vraiment fonctionné comme on l’espérait. (rires) Prendre des décisions au niveau de la créativité n’est jamais une science exacte. Donc on est tous aller rechercher sur nos librairies personnelles les morceaux qui nous plaisaient le plus. Au final on s’est retrouvés avec plus de 60 pistes ! (rires)

Dan : A vrai dire on en avait plus d’une centaine ! (rires) Les choses étaient très claire dès les premières fois où l’on s’est rencontrés. Les mecs viennent à la maison, c’est la-bas que l’on joue en buvant quelques bières, puis on se met à écouter les morceaux des uns et des autres. C’est un peu comme ci on se prenait pour des DJ en se disant « hey ! Vas-y jette un œil sur ce morceau ! » tout en restant dans cette optique. Donc oui au final chacun d’entre nous a apporté ses morceaux favoris mais dès le départ on savait que ça ne serait pas un album sur nos influences. Ce ne sont pas les douze titres les plus importants de tous les temps pour Nada Surf ! Il n’y a pas de morceaux cruciaux ou quoi que ce soit dans le genre !
Ira : Oui c’est vrai en un sens mais il me semble que l’on a déjà enregistré ce genre d’album avec nos morceaux les plus importants …
Dan : Oui tout à fait mais c’est l’exception à la règle puis quoi qu’il en soit on en fera jamais un album officiel.

Ca vous a pris combien de temps pour enregistrer ces reprises ?

Dan : Ça ne s’arrête jamais et c’est toujours le même processus pour chacun de nos albums. On se dit à la base que ca va nous prendre trois semaines et malheureusement trois semaines plus tard on a pas vraiment fini donc prolonge la date limite, on rajoute de nouvelles sessions d’enregistrement… On a remixé le tout cinq fois, on a tout remasterisé trois fois et quant au design on l’a revu au moins une quinzaine de fois… (rires) Pour être sincère et honnête c’est vraiment de cette façon que « Nada Surf » travaille. Pour If I Had A Hi-Fi, ca nous a pris quasiment autant de temps que lorsque l’on compose nos albums et ça nous est revenu vraiment très très cher… (rires) Donc au début on ne voulait pas vraiment faire une tournée spécifique pour cet album mais on s’est tellement investis et on y a placé tellement d’argent… On s’est dit qu’on devrait peut-être faire une petite tournée avant d’avoir dilapidé notre fortune et d’être incapable de sortir notre prochain album ! (rires)

Pourquoi avez-vous décidé de faire un album de reprises ? J’entends par là que vous auriez pu y inclure certaines de vos nouvelles compos…

Ira : L’idée de base était de faire les deux. Au départ, le titre de l’album n’était pas If I Had A Hi-Fi, mais Covers, Ours And Others. Donc l’idée était de sélectionner quelques uns de nos morceaux comme Vital Virgin de The Fox dans une version reggae ou dub (rires). Le résultat n’était pas vraiment au rendez-vous et il s’est avéré que le titre avait bien plus d’impact que le simple fait de reprendre nos propres morceaux. C’est beaucoup plus facile de bosser sur tes titres, c’est bien plus émotionnel et de manière générale ça serait assez dur de demander à Matthew de nous sortir douze à quinze pistes comme ça. Concernant If I Had A Hi-Fi, on revenait tout juste d’un an de tournée non-stop et on était vraiment crevés ! On pensait qu’utiliser le matériel et les bases d’autres artistes serait plus aisé parce qu’on s’imaginait que le la seule chose qu’on aurait à faire serait de faire des choix basics comme « On va le faire plus vite là et plus lentement ici. Un petit peu plus fort et un peu moins bruyant etc. ». On n’était pas censés reprendre tout à zéro parce qu'en comparaison, écrire une nouvelle chanson en rapport avec ton expérience perso paraît tout de suite beaucoup plus simple au final !
Dan : Mais ce qui est vraiment intéressant c’est qu’on était tous d’accord sur un point : « Ne faisons pas ce sixième album maintenant ». (rires) Mais lors de la compo de cet album de reprises et tout ce qui l’entoure j’ai vraiment eu l’impression que j’allais mourir de fatigue. (rires)
Ira :
Non ca aurait pu être sympa mais on avait vraiment besoin d’un break car nous étions tous sur la réserve. Faire ce métier, voyager et jouer tout le temps c’est vraiment très épuisant…

Oui c’est sur que devoir répondre à toutes ces interviews ca doit être barbant (rires)

Ira : Et oui toutes ces interviews sont…. Oh mon Dieu je ne trouve pas les mots ! (rires)
Dan : Tout spécialement les interviews (rires)

Les artistes que vous avez repris viennent d’univers musicaux très différents ? Pourquoi avoir fait des choix si éclectiques ?

Ira : On avait vraiment envi de le faire par rapport aux choses qu’on aime. On aime pas mal de trucs un peu obscurs au niveau musical donc on trouvait ca relativement marrant de partager ça sur cet album. J’étais complètement obsédé à l’époque par le morceau The Electrocutions. Ca ressemble pas mal à une démo, un peu comme ce que produise les groupes à leurs débuts avant d’être célèbre. Cela me faisait pas mal penser à notre propre parcours. La plus part des artistes que l’on a sélectionné ont de petites chansons peu connues et c’est vraiment plus sympa de bosser sur ces types de morceaux. On a beaucoup plus de liberté ainsi. On a fait cet album dans le but de mettre notre touche perso sur ces titres et de faire en sorte qu’ils deviennent nôtres.
Dan :
C’est pas con comme idée… (rires)

Ira : Non, mais une chose est sure : avoir une liste est une chose mais t’asseoir pendant des heures afin de choisir les morceaux les plus intéressants, les écouter et essayer de les jouer à ta sauce en est une autre. C’est à ce moment précis que tu prends conscience que ça va être très facile de bosser sur ce morceau et qu’un autre va vraiment représenter un challenge.

Visiblement, c’est toujours de cette manière que vous procédez que ce soit pour Lucky, If I Had A Hi-Fi ou The Weight Is A Gift…

Dan : On procède toujours de cette façon pour chacun de nos albums. Quand on a commencé à bosser sur Lucky ont avait en stock près de 36 chansons mais bien malheureusement on ne peut en placer qu’une douzaine et ce sont elles qui se choisissent. Il y a des morceaux qui sont, si je puis dire ainsi, des battants. Ils ne veulent pas que tu les termines, ils ne veulent pas être enregistrés et tu peux tourner en rond comme un idiot avec tes morceaux pendant des années. Quand je repense à See These Bones, c’est une chanson de 6 ans d’âge ! Je dois avoir près de 400 versions de See These Bones sur mon pc. Je t’assure je ne mens pas ! (rires) on a les versions acoustiques, avec les chœurs, les couplets différents etc.

En définitive vous auriez presque pu sortir un album spécial See These Bones… (rires)

Dan : Ouais bon en fait c’était une blague mais tu vois les japonais sont assez chiants avec ce genre de trucs ! (rires)
Ira : Enfoirés de japonais ! (rires)
Dan : Ils sont toujours en recherché d’exclusivité que ce soit au niveau des morceaux qu’au niveau des artworks etc. A partir de ce moment là on est obligé de rechercher des morceaux exclusifs qui n’ont jamais été sortis ailleurs spécialement pour le Japon. D’ailleurs c’était presque devenu une petite blague perso comme « et à propos si on… »
Ira :
… Si on faisait un album à 100$ ! (rires)

Dan :
(rires) Un album à 100$ avec nos 423 super versions de
See These Bones… (rires)
Ira : Avec un graphisme différent sur chacune des pochettes et quand tu l’étalerais sur le sol ça deviendrait une sorte d’énorme poster ou de puzzle géant ! (rires)

Donc pour vous reprendre et sans revenir sur l’épisode japonais (rires), à chaque fois que vous bossez sur un album vous avez des dizaines de compos et ensuite le choix se fait de lui-même…

Dan : Oui c’est exactement ça ! On a débuté exactement de la même façon pour cet album. On avait une liste interminable de titres mais ce n’était pas vraiment le plus important et on a vraiment fonctionné à l’instinct. On a juste laissé passer l’énergie de chacun des morceaux et la sélection s’est faite naturellement. On a pas vraiment de ligne directrice quand on compose un album tous les trois. Quand on s’est attelés à The Weight Is A Gift on était persuadés qu’on allait faire un album super rock n’ roll un peu à la Queen Of The Stone Age parce que c’est un peu l’image que l’on avait de nous sur scène… (rires) Mais avec un peu de temps et de recul on s’est aperçus que parmi les douze morceaux que l’on avait présélectionnés aucun n’était vraiment rock. Au final, l’album avait une toute autre signature.

Etait-ce un choix perso et délibéré de votre part ou est-ce que vous avez suivi les conseils ou directives de vos producteurs ?

Dan : Non, ce sont les chansons qui dirigent la machine ! On a pas vraiment le choix, elles s’imposent d’elles-mêmes sur l’album pour lui donner un style bien défini. Il y a quelques personnes qui font des albums un eu conceptuels un peu comme Benjamin Biolay…
Ira :
Au passage aucun producteur ou manager ne choisit quoi que ce soit pour notre musique ! On en a déjà bien bavé par le passé…

Dan :
C’est vrai que ça a été relativement difficile. Mais ne nous étendons pas sur ces vieux sujets et revenons à Benjamin ! (rires) Donc il y a des artistes comme Benjamin Biolay qui aime faire des albums conceptuels. Il voulait que le nouvel album de sa sœur soit uniquement composer avec des instruments destinés aux enfants ou des jouets enfin des trucs bizarres dans ce genre… (rires) Je pense, en parlant au nom de tous, qu’on a jamais envisagé notre musique sous cet angle. Au départ on a vraiment aucune idée de ce que ca va donner. On est juste plongés dans une sorte de brouillard dense et opaque et on attend juste de voir comment les choses vont tourner.

Ira : C’est un peu comme-ci tu emballais toutes tes affaires du jour au lendemain sans savoir où tu vas et tu découvres un nouveau pays et tu te rends compte sur le tard d’où est-ce que tu as atterris ! (rires)

Revenons un instant sur votre reprise d’un des morceaux phares de Depeche Mode, Enjoy The Silence. Est-ce que ça a été plus compliqué de vous imposer et d’apposer votre marque sur un morceau tant connu et déjà repris de nombreuses fois par des groupes comme Lacuna Coil, Keane ou encore It Dies Today, pour ne mentionner que ceux-là…

Dan : Je n’étais pas au courant de tout ça ! (rires) Je n’ai pas vraiment écouté les reprises de ce titre faites par d’autres artistes. Mince ! J’aurais peut-être du ! (rires)
Ira : Je crois que l’idée vient de Matthew parce qu’il venait à peine de l’entendre à la radio ! On s’était mis dans la tête de la jouer comme-ci on l’avait écrite nous-mêmes. C’était relativement complexe comme travail puisqu’une grande partie des cordes avaient déjà été remixées et transformées dans un style sombre et bizarre sur la version originale. Je ne sais plus qui est au synthé/piano mais seul quelqu’un qui joue de ces instruments peut être capable de tels changements… Et pas forcément un guitariste… Et Matthew a eu cette sublime capacité et cet instinct extraordinaire de transformer de nouveau les cordes afin de s’approprier le morceau et de le faire sonner comme-ci il était issu d’une compo de Nada Surf.
Dan :
J’ai vraiment essayé de ne pas prêter attention à toutes ces autres reprises ni même d’écouter la version originale. Je voulais juste jouer cette chanson avec Matthew et Ira histoire de créer quelque chose de plus personnel sur le plan de la créativité. A partir de là, on a essayé de détourner les arrangements originaux en se disant au fond de nous “Allez ! On s’y colle!” et quand en plus de tout cela tu as cette incroyable liberté de ne pas connaître un morceau, ça te permet d’extérioriser une sorte d’instinct créatif. C’est à ce moment là que tu peux exprimer ton fort intérieur parce que justement tu n’as pas de fil conducteur. C’est donc beaucoup plus compliqué pour moi quand on bosse sur des morceaux que je connais déjà…


Les morceaux ont souvent une sorte d’énergie particulière qui justifie leur présence sur un album au milieu d’autres chansons et il y a forcément une raison pour laquelle vous avez choisi certaines pistes et non d’autres…

Dan : C’est clair ! C’est impressionnant de s’apercevoir à quel point chaque morceau a sa propre raison d’exister, une sorte de « raison d’être » (en français, ndlr) innée à certains morceaux qui s’imposent d’eux-mêmes. L’une des principales raisons pour laquelle ont a choisi des morceaux peu connus comme reprises, c’était parce que c’était une injustice insupportable pour nous que des chansons si magnifiques soient méconnues du public. C’est exactement comme ça que les choses se sont mises en place pour celle de Bill Fox. Si tu fais une recherche sur Google tu ne trouveras rien sur ce type alors que tu peux trouver des infos sur ton voisin de palier. C’est vraiment n’importe quoi et c’est une injustice énorme. Je pense qu’il n’y a pas de raisons plus valables que celle-ci pour justifier que l’on a choisi tel ou tel morceau. Chaque morceau à sa petite histoire et le fait que l’on travaille dessus pour faire ressortir cette histoire est quelque chose de vraiment merveilleux.

Quelles sont vos principales sources d’inspiration lorsque vous composez ?

Ira : Je pense qu’on a chacun nos propres sources, influences dont on s’inspire. Pour moi c’est un peu comme un puzzle mystérieux voire mystique… (rires) Je m’inspire beaucoup du jeu de certains batteurs dans le sens où je me dis : “Tiens ça serait pas mal si je faisais un truc dans ce style. Je suis sûr que je peux le faire aussi !” Donc je regarde à droite à gauche puis après je mixe le tout dans ma tête et je regarde ce que cela donne.
Daniel : Ce que j’essaie d’éviter au possible c’est que la musique ressemble à quelque chose qui existe déjà. Il n’y a rien de plus désagréable ! J’ai pas envi qu’on vienne me dire : « tient ça me fait penser au Pixies ». J’adore ce qu’ils font bien entendu mais je préfère quand notre musique sonne comme Nada Surf et il n’y a rien de plus gratifiant a être apprécié pour ce que tu as créé à la force de tes bras en quelques sortes… (rires)

On sait désormais que vous entretenez une relation particulière avec la France et son milieu artistique, est-ce pour cela que vous avez décidé de reprendre Bye Bye Beauté de Coralie Clément ?

Ira : Non, c’est juste que c’est une artiste de talent qui ne passe pas inaperçu ! La plus part de ses compos sont des tubes. Mais l’une d’entre elles nous a vraiment marquée ! Si l’on voulait juste faire un tube ou un morceau correct on avait juste à se servir sérieusement ! Mais sur cette mélodie on a vraiment ressenti quelque chose de particulier et on savait qu’on pourrait lui apporter ce petit plus. (rires)
Dan :
On se penche pas mal sur la musique française, on adore ça ! Benjamin Biolay voulait que Coralie Clément s’oriente dans un style beaucoup plus rock. J’ai voulu lui donner un coup de main et ça a été la cause de pas mal de discordes amicales. (rires) Je lui disais « Si tu veux faire un album rock tu devrais t’entourer de musiciens différents. » Non pas que ses musiciens soient mauvais. Au contraire ce sont des experts mais le problème est justement à ce niveau. Ces mecs sont d’excellents joueur de jazz ou de bossa nova mais il leur manque cette spontanéité que tu retrouves chez des mecs de 20 ans, qui jouent à l’arrache et qui ont à peine de quoi se payer des cordes de rechange pour leur guitare… (rires)

Ira : Des mecs qui n’ont rien à perdre un peu à la mode « NO FUTURE » ! (rires)
Dan : C’est exactement à ca que je pensais et sur un morceau aussi formidable que celui là il fallait vraiment que l’on puisse amener les éléments primaires du rock afin de créer quelque chose de nouveau et d’indépendant.

Comment vous avez vécu l’enregistrement de ce morceau qui vous tient tant à cœur ?

Dan : C’était complètement frustrant ! (rires) Ce titre à ce truc spécial typique des morceaux de Nick Cave And The Bad Seeds. Une sorte de tension incontrôlable qui ne cède à aucun moment. J’adore Nick Cave And The Bad Seeds mais je préfère quand les choses explosent sinon “ça m’agace”. Pour ce titre de Coralie, je voulais vraiment casser cette tension insoutenable et que l’on puisse lâcher prise. Par la suite, on l’a testé et joué et on est relativement fiers du résultat. (rires) Les paroles de cette chanson me rendent limite parano ! Les histoires d’amours qui s’effondrent sont tellement universelles que j’avais l’impression que Coralie avait décrit tout au long de ce texte ma propre rupture avec untel… Cette chanson est dingue ! (rires)

En France, vous avez fait un carton à mi-parcours grâce à votre single Always Love et en particulier l’album The Weight Is A Gift. Ca a été comme un second souffle dans votre carrière, non ?

Dan : Je crois que ce morceau à vraiment très bien marché en France, non ? Sur notre petite planète Nada Surf il y a toujours des tubes capables d’être les numéros un… (rires) Sinon on ne s’embêterait pas à les mettre sur nos disques ! (rires) Mais je pense que pour Always Love on aurait pu le catégoriser de 'hit' numéro 2 ou n’importe quoi d’autre… (rires)
Ira : Non, on ne pas dire qu’il y a des hits 1 ou 2 ou 3 ou je ne sais quoi d’autre. Je pense juste qu’il y a toute l’ancienne vague Nada Surf qui a émergé grâce à notre single Popular. Ce morceau a vraiment été un tremplin pour nous. Et d’un autre côté, on a eu le droit à une deuxième vague de popularité quand Always Love est sorti, et on a vraiment eu l’impression de passer un cap et dans un certain sens on était presque un second groupe.
Dan : Au-delà de tout cela, j’ai vraiment eu l’impression que jusque cet album, on enregistrait presque toujours dans une sorte de bulle protectrice. Pour The Weight Is A Gift on s’en est vraiment servi comme d’un exutoire. Sérieusement, on avait aucun agent, ni de manager ou label et encore moins les moyens de faire les choses aisément sans trop se poser de question. Détaché de toutes ces contraintes, on était beaucoup plus libre de nos actes et surtout on n’avait aucun compte à rendre à qui que ce soit, excepté entre nous. Je pense que ça a vraiment été un déclic et depuis on bosse toujours de cette même façon. Lorsque Lucky est sorti notre agenda était blindé. On avait presque plus le temps de vivre ou de respirer. Pour celui-ci, on avait vraiment zéro contraintes puisque ce n’est pas considéré comme un album de Nada Surf à part entière. Il n’y a pas de meilleure façon de faire de la musique. Tu vois, tu envisages, tu écoutes ton propre ressenti, tu laisses les choses se faire d’elles-mêmes et advienne que pourra ! (rires)


Par C. R.
Remerciements : Melchior, Marine M., Pascal T.

Official Websites :

http://www.nadasurf.com
http://myspace.com/nadasurf




5/18/2010

Ed-Äke - Escale sur la Route 66.


Ed-Äke - Decadence & Poetry (2010, Discograph).



Retour aux bases fondamentales du rock, Ed-Äke revient cette année avec un nouvel album saisissant et haletant, Decadence & Poetry, produit par 3Cinks et sorti sur le label Discograph en mars dernier. Loin des affres du fatidique second opus, il semblerait que le groupe ait eu besoin de raviver sa fibre musicale initiale.

Après avoir sorti un EP inaperçu Stade Kritik (2003) et à l’inverse, un premier album remarquable, mélange audacieux de métal et de power rock, In loving Memory Of A Dead Rock Band (2007), Ed-Äke se réinvente cette fois-ci dans un style plus authentique et naturel, faisant appel à leurs instincts primaires. Bercé sous les influences folk, grunge et alternative, le groupe retrouve un second souffle et mets en avant l’essence primale du rock en exploitant les innombrables potentiels des guitares. Leurs inspirations semblent intuitivement issues de la mythique Route 66 et l’influence de groupes américains se fait fortement ressentir tout au long des morceaux. Exploit émérite, Ed-Äke réanime la scène grunge des années 90 et rend ainsi un hommage sincère et fidèle à des groupes tels que Nirvana, Soundgarden, Pearl Jam ou encore Alice In Chains. Enregistré en partie en Belgique entre les studios Caraïbes et Rec N’ Roll, le groupe a reçu le soutien de Charles de Schutter et Patrice Focone, respectivement ingé son et guitariste du groupe de pop-rock Superbus. Mais c’est sur Paris aux Studio De La Reine et au Studio Davout que les voix et les arrangements ont été pris. Après trois mois de travail intensif et extrême, les membres chevronnés d’Ed-Äke délivrent désormais une musique spontanée, simple et efficace.



Se frayant un passage au fil des aléas de l’album, Singing Like A Rifle donne le ton et si l’on passe outre la mélancolie innée du morceau, cette intro semble annoncer le renouveau du groupe. Arrive ensuite Shot Down In Pieces, dont les guitares distordues et entrainantes suscitent un vif intérêt à la première écoute. En connexion directe avec la sublime voix baryton de Chris Cornell, le chanteur du groupe, Dimitri, a pris en grade et sa voix se fait plus souple et suave. Sans présomption ni prétention, des morceaux efficients tels que Heads Or Tails, You Don’t Know Me ou encore The World Through My Eyes rappellent les palpitantes envolées rythmiques et mélodiques d’Audioslave. Les riffs se font plus présents et précis que sur le précédent opus et les guitares sont ainsi savamment mises au premier plan. Fix, interlude captivant et nécessaire, semble être à part et entraine à lui seul dans un univers légèrement décalé et dissonant du reste des compositions. Ce titre agit comme un véritable temps de décompression. Les composants sont plus distincts sur cet opus et c’est notamment sur des balades telles que Happiness et Cry Away My Love que leurs démonstrations se font les plus effectives possibles.



L’âge de la prospérité n’est peut-être pas encore à l’ordre du jour mais il est certain qu’avec Decadence & Poetry les membres d’Ed-Äke ont su faire appel à leur sensibilité instinctive pour délivrer un album à la fois crédible et sincère. Au-delà du concept séculaire du revival de la scène rock, le groupe est vraisemblablement sur les voies impénétrables de la réussite et indéniablement, l’exportation à l’international semble des plus envisageable.



Par C. R.

Remerciements : Marine M., JB, Phil A.


Official Websites :

http://www.myspace.com/edake
http://www.ed-ake.com